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Musique

Jul 20, 2026  Twila Rosenbaum 5 views
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Heureusement, Bebe Rexha a fini par avoir ce qu’elle mérite. En effet, l’artiste que l’on connaît aujourd’hui a passé 12 ans à vivre dans l’ombre lorsqu’elle était sous l’égide de Warner. Cette longue période de gestation, marquée par la frustration et l’invisibilité, a pourtant forgé le succès fulgurant qu’elle connaît désormais. Bebe Rexha, née Bleta Rexha le 30 août 1989 à Brooklyn, New York, est une autrice-compositrice-interprète américaine d’origine albanaise. Son histoire est celle d’une artiste qui a dû se battre contre les codes rigides de l’industrie musicale pour imposer sa propre vision créative.

À 23 ans, elle a coécrit « Monster », un titre que l’on attribue immédiatement à Eminem et Rihanna, alors que c’était le sien. Elle l’avait écrit, l’avait enregistré en démo et espérait le sortir, mais comme ce n’était pas encore une star, la maison d’édition l’a proposé au rappeur de Detroit, qui a adoré. Ce morceau, sorti en 2013 sur l’album « The Marshall Mathers LP 2 », est devenu un énorme succès planétaire, se classant dans le top 10 du Billboard Hot 100. Pourtant, Bebe Rexha n’en a pas récolté les fruits en termes de reconnaissance publique, même si les royalties ont sans doute aidé. « Monster » a marqué un tournant dans sa carrière en lui ouvrant des portes, mais aussi en la confinant dans un rôle d’autrice pour d’autres artistes.

À partir de là, forcément, tout le monde voulait travailler avec elle. Elle a enchaîné les collaborations, notamment avec David Guetta et G-Eazy. On peut citer « Hey Mama » (avec David Guetta, Nicki Minaj et Afrojack) en 2015, qui a atteint la 8e place du Billboard Hot 100, ou « Me, Myself & I » avec G-Eazy en 2015, également un immense succès (numéro 7 du Hot 100). Bebe Rexha faisait alors partie du paysage musical, mais on ne parlait pas encore d’elle en tant qu’artiste solo. Et pour cause, l’industrie adore les artistes faciles à raconter, avec un registre et une identité claire, ce qui faisait un peu défaut à Rexha, qui était tantôt dans la country, tantôt dans l’électro… Cette versatilité lui a, malheureusement, fait défaut. Son premier EP « I Don’t Wanna Grow Up » (2015) mêlait pop, R&B et influences électroniques, sans parvenir à la faire décoller en tant que tête d’affiche. Le single « No Broken Hearts » (avec Nicki Minaj) en 2016 n’a pas non plus connu le succès escompté.

Après son départ de Warner, Bebe Rexha croyait que tout était fini. Elle avait signé chez Warner Bros. Records en 2013, mais le label ne savait pas comment la positionner. Les années ont passé, les albums solo annoncés ont été repoussés, et la frustration grandissait. En 2019, elle annonce son départ de Warner lors d’une interview : « Je me sentais comme un produit, pas comme un artiste. » Pourtant, un tout nouveau chapitre était sur le point de commencer : celui de la liberté. Liberté parce qu’à force de répondre aux attentes de l’industrie, elle était anesthésiée émotionnellement, au point d’oublier pourquoi elle faisait de la musique. Elle a alors fondé son propre label, Bebe Rexha LLC, et a pris le contrôle total de sa carrière.

Désormais artiste indépendante, Rexha a sorti son premier album « Dirty Blonde » en 2025, qui a démarré numéro 1 des classements dance du Billboard. Le projet, plus personnel que jamais, explore les thèmes de la renaissance, de la féminité et de la liberté. Le single « New Religion » est devenu un énorme succès radio, notamment grâce à son refrain entêtant et à son clip audacieux. Cet été, elle fait ses débuts à Tomorrowland, festival auquel elle rêvait de participer. « Belièèève », croyez en vos rêves ! Le message est clair : après des années de doute, Bebe Rexha incarne la résilience artistique.

Pour comprendre l’ampleur de sa revanche, il faut revenir sur ses débuts. Née de parents immigrés albanais, elle grandit dans le quartier de Staten Island. Très jeune, elle montre un talent pour l’écriture et la musique. À 14 ans, elle signe un contrat d’édition avec Sony/ATV, devenant l’une des plus jeunes autrices de la maison. Elle écrit pour Selena Gomez, Nikki Williams, et d’autres avant de percer. En 2012, elle est repérée par le producteur et DJ Pete Wentz (Fall Out Boy), qui l’invite à rejoindre son groupe expérimental Black Cards. Cette expérience lui permet de se produire sur scène, mais le groupe se dissout rapidement. Elle travaille ensuite avec des producteurs comme Captain Cuts, The Monsters & Strangerz, et Dr. Luke, mais sans jamais réussir à sortir de l’ombre.

La collaboration avec Eminem et Rihanna sur « Monster » a été à la fois une bénédiction et une malédiction. D’un côté, elle prouvait son talent d’autrice. De l’autre, elle la cantonnait dans ce rôle. Beaucoup de ses chansons ont été données à d’autres artistes, comme « Take Me Home » (Cash Cash feat. Bebe Rexha) ou « That’s How You Know » (avec Nico & Vinz). Mais c’est son featuring sur « Hey Mama » de David Guetta qui la propulse vraiment sur le devant de la scène radiophonique. Pourtant, elle n’était toujours pas la tête d’affiche. En 2017, elle sort « I Got You », un single solo qui marche modérément, mais son premier album studio « Expectations » (2018) n’obtient pas le succès escompté, malgré le single à succès « I’m a Mess ». Le label semble ne pas savoir la promouvoir efficacement, et elle se sent étouffée.

La rupture avec Warner en 2019 est donc un électrochoc. Elle raconte avoir pleuré dans son bureau en annonçant son départ, mais aussi avoir ressenti un immense soulagement. Dès lors, elle reprend les rênes. Elle sort des singles indépendants comme « Sacrifice » (2021), « Sabotage » (2021) et « Heart Wants What It Wants » (2022), qui montrent une artiste plus affirmée, mélangeant pop, dance et R&B. En 2023, elle signe un contrat de distribution avec ADA, mais garde son indépendance artistique. « Dirty Blonde » est le fruit de cette liberté retrouvée. L’album, produit en collaboration avec des producteurs comme Hit-Boy, Sounwave et J White Did It, explore des sonorités dance-pop avec des influences house et électro. La pochette, où elle apparaît les cheveux blonds décolorés, est une déclaration de renouveau.

Au-delà de la musique, Bebe Rexha est devenue une icône pour les artistes indépendants. Elle utilise régulièrement les réseaux sociaux pour partager son parcours, donner des conseils et dénoncer les dysfonctionnements de l’industrie. Elle a notamment pris la parole sur le manque de transparence des contrats et sur la santé mentale des artistes. Sa participation à Tomorrowland en 2025 est un symbole fort : après avoir écrit pour les plus grands, elle foule enfin la scène d’un des festivals les plus prestigieux au monde en tant que tête d’affiche. Le public la découvre alors dans toute sa puissance vocale et scénique.

Son single « New Religion », sorti en mars 2025, illustre parfaitement cette nouvelle ère. Avec un beat entêtant et un message sur la foi en soi, la chanson est devenue un hymne pour ses fans. Le clip, réalisé par Charlotte Rutherford, montre Bebe Rexha dans des décors futuristes, célébrant la diversité et la confiance en soi. Le succès est immédiat : numéro 1 des charts dance, diffusion massive sur les radios pop, et des millions de streams. Forte de ce succès, elle prépare déjà une tournée mondiale pour 2026, avec des dates en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.

L’histoire de Bebe Rexha est une leçon de persévérance. Elle a transformé ses frustrations en force créatrice. L’industrie musicale, qui l’avait cantonnée à un rôle de compositrice de l’ombre, est aujourd’hui contrainte de la reconnaître comme une artiste à part entière. « Je n’ai jamais abandonné, même quand tout le monde me disait d’arrêter », confie-t-elle dans une interview. Son parcours inspire de nombreux jeunes artistes qui peinent à se faire une place dans un système souvent impitoyable. Elle prouve que la liberté artistique est la clé pour révéler son vrai potentiel.

En marge de ce succès, Bebe Rexha continue d’écrire pour d’autres, mais avec une approche différente. Elle n’hésite pas à collaborer avec des artistes émergents ou à mettre en avant des causes qui lui tiennent à cœur, comme les droits des femmes et la lutte contre les discriminations. Son engagement social s’exprime aussi à travers des partenariats avec des associations comme She Is The Music, qui promeut l’égalité des genres dans l’industrie musicale. En 2024, elle a participé à une campagne pour le Congrès américain afin de réformer les lois sur le droit d’auteur.

Alors que son album « Dirty Blonde » continue de grimper dans les charts, Bebe Rexha savoure sa revanche. Mais elle ne compte pas s’arrêter là. Elle travaille déjà sur son deuxième album indépendant, qu’elle décrit comme « encore plus personnel et expérimental ». Ses fans attendent avec impatience ce nouveau chapitre. Une chose est sûre : Bebe Rexha n’est plus dans l’ombre. Elle brille de sa propre lumière, et son histoire rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour croire en ses rêves.


Source:RTBF News


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