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L’acteur coréen Jung Woo-sung s’excuse en direct pour avoir eu un enfant hors mariage

Jul 31, 2026  Twila Rosenbaum 11 views
L’acteur coréen Jung Woo-sung s’excuse en direct pour avoir eu un enfant hors mariage

L'acteur sud-coréen Jung Woo-sung a présenté ses excuses publiques, vendredi 29 novembre, lors de la 45e cérémonie des Blue Dragon Film Awards à Séoul, après avoir reconnu qu'il était le père d'un enfant né hors mariage. Une révélation qui a provoqué un tollé dans un pays très attaché aux valeurs familiales traditionnelles.

« Je suis vraiment désolé, pour tous ceux qui m'ont témoigné de l'amour et ont cru en moi, pour l'inquiétude et la déception que j'ai causées », a déclaré l'acteur de 51 ans, visiblement ému face à l'assemblée. « Je vais accepter et endurer toutes les critiques. En tant que père, je vais assumer mes responsabilités envers mon fils jusqu'à la fin », a-t-il renchéri, avant de quitter la scène sous les applaudissements polis mais tièdes du public.

La veille, son agence Artist Company avait confirmé qu'il était bien le père du fils de la mannequin Moon Ga-bi, né en mars dernier. La jeune femme de 35 ans avait annoncé récemment être devenue mère, sans révéler l'identité du père, mais les spéculations allaient bon train sur les réseaux sociaux. Selon un média local, Moon Ga-bi aurait souhaité se marier avec Jung Woo-sung afin de « donner une famille à son enfant », mais l'acteur aurait refusé cette demande.

Ce refus présumé a immédiatement été qualifié d'« irresponsable » par de nombreux internautes et commentateurs, d'autant que la Corée du Sud reste un pays socialement conservateur où les mères seules et leurs enfants sont encore fortement stigmatisés. Bien que Jung Woo-sung ait assuré qu'il agirait comme un père, son silence autour de la question du mariage a laissé un goût amer. Dans un pays où le mariage est souvent considéré comme le seul cadre légitime pour élever un enfant, la décision de l'acteur est perçue par beaucoup comme un refus de s'engager pleinement.

Une carrière longtemps irréprochable

Né en 1973, Jung Woo-sung est l'un des acteurs les plus respectés du cinéma sud-coréen. Révélé dans les années 1990, il a enchaîné les succès critiques et commerciaux, de « The Good, the Bad, the Weird » à « Steel Rain », en passant par « Innocent Witness », qui lui a valu de nombreux prix. Il a également travaillé avec des réalisateurs de renom et a été salué pour son engagement humanitaire. Il a notamment été ambassadeur de bonne volonté de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) pendant près de dix ans, jusqu'en juillet dernier, parcourant le monde pour attirer l'attention sur le sort des déplacés et des réfugiés, et visitant des camps en Somalie, au Yémen, au Bangladesh ou encore au Liban.

Cette casquette d'humanitaire lui a souvent valu des éloges, mais elle s'est retournée contre lui après le scandale. Sur les réseaux sociaux et les forums, des détracteurs ont vivement critiqué son comportement, estimant que sa posture morale était en décalage avec sa vie privée. « Il a tellement parlé de l'accueil des réfugiés et pourtant il a fait de son propre fils un réfugié », a commenté un utilisateur sur le site d'information local. Cette pique, reprise massivement, illustre la sévérité du jugement moral qui s'est abattu sur l'acteur.

Des enfants souvent stigmatisés

Cette affaire intervient dans un contexte où la Corée du Sud connaît une crise démographique sans précédent. Le pays affiche le taux de natalité le plus bas du monde, avec seulement 0,72 enfant par femme en 2023. Les naissances hors mariage y représentent à peine 4,7 % du total, soit l'un des chiffres les plus bas parmi les 38 pays de l'OCDE, où la moyenne se situe autour de 40 %. En comparaison, en France, environ 60 % des naissances se font hors mariage, et même dans des pays asiatiques voisins comme le Japon, ce chiffre dépasse les 2 % mais reste bien inférieur aux standards occidentaux. En Corée du Sud, le faire et le dire restent profondément tabous.

Ce tabou s'explique en partie par une définition légale très stricte de ce qu'est une famille. Selon les experts, le droit sud-coréen ne reconnaît quasiment que la famille fondée sur le mariage hétérosexuel. Les adoptions par un adulte non marié sont extrêmement rares, les femmes célibataires ne peuvent pas recourir à un don de sperme, et le mariage homosexuel n'est pas reconnu. Ces obstacles juridiques, hérités d'une vision patriarcale et conservatrice de la société, dissuadent de nombreuses personnes de fonder une famille en dehors du cadre conjugal. Ils expliquent aussi pourquoi les mères célibataires sont souvent poussées à l'isolement ou à l'abandon de leur enfant.

Le gouvernement sud-coréen, conscient de l'urgence démographique, tente de multiplier les incitations au mariage et à la natalité. Séoul a récemment décidé de mettre à disposition des futurs mariés une vingtaine de lieux de cérémonie gratuitement, espérant ainsi faciliter les unions. Mais ces mesures peinent à enrayer la chute de la nuptialité et de la natalité, tant les causes sont profondes et structurelles.

Dans ce contexte, la sortie de Moon Ga-bi et le scandale Jung Woo-sung ont rouvert un débat nécessaire sur la diversité des modèles familiaux. La parlementaire d'opposition Lee So-young, membre du Parti démocrate, a pris la parole pour défendre une vision plus ouverte de la famille. Ayant elle-même vu ses parents divorcer lorsqu'elle était enfant, elle a insisté sur le fait que « la réalité est que chacun est unique » et qu'une « société qui respecte ces différences serait sans aucun doute une meilleure société, non ? ». Une intervention qui tranche avec le discours dominant, mais qui reflète l'évolution des mentalités, surtout chez les jeunes générations.

En attendant, Jung Woo-sung devra faire face aux conséquences de ses actes. Son agence a annoncé qu'il assumerait pleinement son rôle de père, et l'acteur semble déterminé à ne pas esquiver. Mais l'opinion publique reste divisée. Certains saluent son courage de reconnaître l'enfant et de s'excuser publiquement, d'autres estiment que ses excuses arrivent trop tard et que son refus du mariage en dit long sur sa conception de la famille. L'affaire n'est pas près de s'éteindre, et elle pourrait avoir des répercussions sur sa carrière, sa réputation et son image de héros romantique.


Source:leparisien.fr News


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