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« Je vais te faire une Gisèle Pelicot » : harcelée par un ancien fan, l’influenceuse prise dans un engrenage terrifiant

Aug 01, 2026  Twila Rosenbaum 2 views
« Je vais te faire une Gisèle Pelicot » : harcelée par un ancien fan, l’influenceuse prise dans un engrenage terrifiant

Le rond violet parsème la moindre capture d’écran. « C’est simple, il est dans tous les messages », grimace Marion. Parfois, il est question de sa « daronne » (maman). La plupart du temps, c’est elle qui est directement visée. Sur les réseaux sociaux, ce rond violet est synonyme de viol.

Depuis plus de deux ans, la jeune femme, ex-influenceuse beauté et mannequin, voit ce point mauve la poursuivre comme une menace constante. Un ancien abonné, autrefois épris, s’est transformé en un serial harceleur, vouant son existence tout entière à la tourmenter. « Il m’envoie des menaces de viol tous les jours », raconte Marion en montrant ces messages de haine.

Les conséquences de cette entreprise de démolition s’avèrent terribles : dépression, pensées morbides, vie sociale en miettes, activité professionnelle au point mort. Sa plainte pour harcèlement et menaces de mort, au moment où nous la rencontrons, était au point mort dans un commissariat du nord de la France, laissant la jeune femme sans solution ou presque.

Une vie de mannequin

Dans sa vie d’avant, tout allait si bien pourtant. Marion n’est pas encore majeure quand elle se lance dans le mannequinat. Avec succès : les contrats s’enchaînent, elle gagne en visibilité via les réseaux sociaux (Instagram en tête), inévitables rampes de lancement. Elle y poste ses photos par dizaines. Parmi ses 30 000 abonnés, beaucoup d’hommes. Certains lui envoient des messages en privé, teintés de misogynie. Il y a aussi des insultes gratuites. Elle dit, comme une fatalité : « C’est presque normal dans notre métier. »

Cette expérience, elle la partage avec de nombreuses autres créatrices de contenu. Selon une étude menée en 2024 par l’institut Ifop pour l’association e-Enfance, 87 % des influenceuses ont déjà été confrontées à des messages à caractère sexuel non sollicités. Beaucoup ne portent pas plainte, par peur des représailles ou par découragement. Marion, elle, pensait que répondre calmement suffirait à désamorcer. « J’ai répondu à tout le monde au début. Je pensais que c’était le métier qui voulait ça. »

Un « soumis » devenu harceleur

Parmi les messages reçus, un abonné au profil singulier lui en écrit beaucoup. « Au début, il m’appelait « Ma reine » et me demandait de l’insulter », se souvient-elle. En langage d’influenceur, on appelle cela un « soumis ». Puis il a commencé à lui raconter sa vie : pas d’amis, une famille compliquée, une profonde solitude. Marion n’ose pas le bloquer. « Je lui répondais toujours, par humanité. Il me faisait presque de la peine. Si j’avais su… », regrette-t-elle.

Laure Salmona, directrice de l’association Féministes contre le cyberharcèlement, analyse ce mécanisme : « Une illusion de proximité se crée. L’abonné interprète la moindre réponse comme une attention personnelle. Son obsession se renforce à mesure que l’influenceuse se montre bienveillante. » Elle ajoute que les personnes isolées sont plus susceptibles de développer ce type de comportement, sans qu’il soit toujours possible de le prédire.

À l’été 2024, Marion souhaite couper les ponts. Elle lui signifie par message. La réponse fera tout basculer : « Moi et toi, c’est pour la vie », prévient l’internaute, qui agit sous pseudonyme. Il tente alors de la faire chanter psychologiquement. Ne parvenant pas à la faire céder, il passe à la vitesse supérieure.

Une intimidation sans limite

Le harcèlement prend une dimension méthodique et cruelle. Il crée des dizaines de comptes TikTok et Instagram à l’effigie de Marion, accompagnés d’insultes : « Marion la tana » (une insulte équivalente de « salope »). Il détourne des photos de sa mère, affublée d’un nez de cochon, et fait de même avec son père, ses cousines et ses neveux. « Il a menacé de les violer par message. Ils ont 10 ans à peine, je ne sais pas si on se rend compte ? », s’indigne-t-elle.

Les marques qui collaboraient avec Marion sont également ciblées. L’harceleur les contacte, leur envoie des messages diffamatoires, commente sous leurs publications pour les dissuader de poursuivre leurs contrats. L’une après l’autre, les enseignantes retirent leurs offres. « Je


Source:leparisien.fr News


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