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Qui est Peso Pluma, l’artiste numéro 1 de YouTube que vous n’avez probablement jamais entendu de votre vie

Nov 03, 2026  Twila Rosenbaum 7 views
Qui est Peso Pluma, l’artiste numéro 1 de YouTube que vous n’avez probablement jamais entendu de votre vie

Les faits clés

  • Nom réel : Hassan Emilio Kabande Laija, plus connu sous le nom de Peso Pluma.
  • Origine : Mexique, avec une histoire familiale liée au Liban et un ancrage à Guadalajara.
  • Genre : corridos tumbados, un croisement entre corrido traditionnel, trap et hip-hop.
  • Record : 8,5 milliards de vues sur YouTube, ce qui fait de lui l’artiste le plus streamé de la plateforme en 2023.
  • Classement : cinquième artiste le plus écouté sur Spotify en 2023.
  • Tube : « Ella Baila Sola », avec Eslabon Armado, premier morceau régional mexicain à entrer dans le top 10 du Billboard Hot 100.
  • Album :Génesis, sorti en juin 2023, nommé aux Grammy Awards dans la catégorie meilleur album de musique mexicaine.

Sur YouTube, Peso Pluma a dépassé des artistes aussi installés que Drake, Taylor Swift, Bad Bunny ou YoungBoy Never Broke Again. Pourtant, une grande partie du public francophone n’a probablement jamais entendu son nom, encore moins ses morceaux. Ce décalage n’est pas une exception : la France a souvent accusé un retard sur les phénomènes musicaux internationaux, notamment lorsqu’ils s’expriment en espagnol. Rosalía et Bad Bunny ont mis du temps à s’imposer dans les oreilles françaises, bien après leurs explosions mondiales. Avec Peso Pluma, le décalage paraît encore plus spectaculaire, car l’artiste cumule les records de streaming tout en restant relativement discret dans les médias généralistes hexagonaux.

À 24 ans, Hassan Emilio Kabande Laija est devenu en quelques années l’une des figures les plus puissantes de la musique mexicaine. Son nom de scène, qui signifie « poids plume », vient d’une moquerie liée à sa silhouette fine. Loin de le freiner, cette image est devenue une partie de son identité. Sa voix rauque et nasillarde, elle aussi souvent critiquée, s’est imposée comme sa signature. Dans un entretien, il a expliqué que les gens se moquaient de sa voix, avant de finir par l’aimer précisément parce qu’elle sortait de l’ordinaire. Cette capacité à transformer une différence en marque de fabrique résume une partie de son ascension.

Un enfant de Guadalajara nourri de hip-hop et de corrido

Peso Pluma est né le 15 juin 1999 à Zapopan, dans l’agglomération de Guadalajara, au Mexique. Son père est d’origine libanaise, sa mère est mexicaine, et cette double culture a nourri son rapport à la musique et à la langue. Enfant, il rêve d’abord de devenir footballeur professionnel. La musique arrive plus tard, presque par hasard : à 15 ans, il commence à jouer de la guitare en suivant des tutoriels vidéo. Passionné de hip-hop et de reggaeton, il veut d’abord devenir rappeur. Mais sa voix, grave et nasillarde, le pousse vers un autre chemin. Elle l’oriente vers les communautés de la génération Z qui renouent avec la musique traditionnelle mexicaine, tout en gardant un vocabulaire et des codes urbains.

Cette trajectoire explique en partie son style. Peso Pluma ne se contente pas de reprendre le corrido tel qu’il existait avant lui. Il le passe au filtre du trap, du hip-hop et des productions numériques. Le résultat est un son hybride, souvent appelé corridos tumbados, qui emprunte à la narration traditionnelle mexicaine, aux récits de vie, aux figures de la rue et aux basses lourdes de la musique urbaine. Le genre n’est pas né avec lui, mais Peso Pluma en est devenu l’un des visages les plus visibles à l’échelle mondiale. Son morceau « El Belicón » joue un rôle décisif dans cette bascule : il donne au jeune artiste une première exposition massive et fixe les bases de son mélange entre tradition régionale et influences contemporaines.

Le corrido possède une longue histoire au Mexique. Chanson narrative, souvent liée aux récits de héros populaires, de bandits, de tragédies et de vies marginales, il a longtemps accompagné l’imaginaire national. Les narco-corridos, ou « drug ballads », ont prolongé cette tradition en racontant les cartels, la violence et les fortunes rapides, ce qui leur a valu de vives controverses. Peso Pluma s’inscrit dans cet héritage, mais il le déplace : moins de complaintes folkloriques, plus de clips léchés, de featurings urbains et de refrains taillés pour les plateformes. Cette hybridation a ouvert la musique régionale mexicaine à un public beaucoup plus large, notamment aux États-Unis et en Amérique latine.

« Ella Baila Sola », le tube qui change d’échelle

C’est au printemps 2023 que Peso Pluma change de dimension. Son morceau « Ella Baila Sola », en featuring avec le groupe californien Eslabon Armado, devient un phénomène mondial. Le titre ne se contente pas de cartonner sur les plateformes : il entre dans le top 10 du Billboard Hot 100, une première pour une chanson de musique régionale mexicaine. Ce détail est loin d’être anecdotique. Le Billboard Hot 100 est l’un des classements les plus suivis au monde, et y voir un morceau de corridos tumbados aux côtés de productions pop et hip-hop internationales marque un changement culturel. La chanson s’impose aussi comme l’un des titres les plus streamés de l’année sur Spotify, où elle termine cinquième.

Le succès d’« Ella Baila Sola » repose sur plusieurs éléments. Il y a d’abord une mélodie immédiatement identifiable, une guitare acoustique qui dialogue avec des percussions modernes, et un refrain simple qui se retient vite. Il y a ensuite la présence de Peso Pluma, dont la voix reconnaissable ajoute une texture particulière au morceau. Enfin, il y a la puissance des plateformes : TikTok, YouTube et Spotify ont permis au titre de circuler très vite, sans dépendre des radios traditionnelles. Le clip et les extraits vidéo ont alimenté des millions de vues, transformant le morceau en phénomène générationnel dans les régions hispanophones, puis au-delà.

Avec ce titre, Peso Pluma devient l’un des artistes les plus streamés au monde. En 2023, il cumule 8,5 milliards de vues sur YouTube, ce qui lui vaut le titre d’artiste le plus streamé de la plateforme cette année-là. Il se classe également cinquième artiste le plus écouté sur Spotify. Ces chiffres dépassent largement le cadre de la musique mexicaine : ils installent un artiste de corridos tumbados dans les mêmes conversations que les grandes stars de la pop mondiale. Pourtant, la France reste largement à l’écart de cette vague, faute de relais médiatiques, de programmation radio et peut-être aussi d’habitude d’écoute en langue espagnole.

Génesis, Anitta et la reconnaissance des Grammy

En juin 2023, Peso Pluma sort son troisième album, Génesis. Le projet confirme son virage vers un son plus ambitieux, avec des collaborations et une production qui cherche à élargir encore son public. C’est aussi l’album qui accompagne une partie de ses clips les plus vus, notamment ceux qui prolongent l’explosion d’« Ella Baila Sola ». La même année, il multiplie les apparitions aux côtés d’autres artistes latins et participe à des projets très attendus, comme sa collaboration avec Anitta. Sa session avec Bizarrap, devenue un rendez-vous pour les stars du moment, ajoute à sa visibilité auprès d’un public plus large que celui de la seule musique régionale mexicaine.

La reconnaissance institutionnelle arrive elle aussi. Génesis est nommé aux Grammy Awards dans la catégorie du meilleur album de musique mexicaine. Cette nomination ne signifie pas que Peso Pluma a été adopté par toute l’industrie musicale, ni que les controverses autour des narco-corridos ont disparu. Elle montre plutôt que la musique régionale mexicaine est devenue une force commerciale et culturelle impossible à ignorer. Dans un paysage dominé par la pop anglophone, le hip-hop et le reggaeton, un artiste de 24 ans parvient à imposer un genre longtemps perçu comme local, voire folklorique, auprès d’un public mondial.

Sa voix continue pourtant de diviser. Certains auditeurs la trouvent abrasive, d’autres y voient justement ce qui rend Peso Pluma identifiable entre mille. Son apparence physique, sa gestuelle, ses choix de mode et son esthétique de clip participent aussi


Source:Konbini - Musique, cinéma, sport, food, news : le meilleur de la pop culture News


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