
Les faits clés
- Emily Ratajkowski, 34 ans, est mannequin, actrice, autrice, animatrice de podcast et entrepreneuse.
- Elle s’est fait connaître mondialement dans le clip Blurred Lines de Robin Thicke, il y a plus de dix ans.
- Elle a publié en 2021 My Body, un livre féministe sur l’objectification, la sexualité et le pouvoir.
- Elle est une figure du mouvement MeToo et a dénoncé des agressions sexuelles ainsi que le sexisme à Hollywood.
- Elle est mère d’un petit garçon et explique que la maternité a transformé ses priorités.
- Elle prête son image au parfum Flowerbomb Tiger Lily de Viktor & Rolf.
- Elle joue dans la série Too Much, créée par Lena Dunham, disponible sur Netflix.
- Elle souhaite écrire un deuxième livre et envisage de réaliser un film.
Une icône aux multiples facettes
Star des réseaux sociaux, actrice, autrice, mannequin, animatrice d’un podcast, entrepreneuse et activiste, Emily Ratajkowski, alias EmRata, s’est imposée en quelques années comme l’une des personnalités les plus fascinantes de la pop culture. À 34 ans, l’Américaine ne se contente plus d’être un visage ou un corps : elle est devenue une voix. Celle d’une femme qui interroge sans relâche la manière dont les sociétés contemporaines regardent, jugent et marchandisent les femmes.
Son ascension médiatique commence dans un clip devenu phénomène, Blurred Lines de Robin Thicke, diffusé il y a un peu plus de dix ans. Elle y apparaît poitrine dénudée et devient instantanément un sujet de conversation planétaire. On parle de ses formes, de sa bouche, de son déhanché. Mais derrière cette image très sexualisée, se cache une réflexion plus profonde sur l’objectification et ses conséquences. Car être réduite à son apparence, explique-t-elle, c’est perdre la complexité de ce que l’on est.
De mannequin à auteure engagée
Au fil des années, Emily Ratajkowski a multiplié les projets. Mannequin, elle a travaillé pour de grandes maisons et est devenue l’égérie de parfums Viktor & Rolf. Entrepreneuse, elle dirige la marque de lingerie et de maillots de bain Inamorata. Star des réseaux sociaux, elle est suivie par près de 30 millions de fans sur Instagram. Animatrice, elle a lancé le podcast High Low with EmRata. Actrice, elle est apparue dans des films comme Gone Girl de David Fincher, en 2014, et I Feel Pretty, en 2018.
Mais c’est peut-être l’écriture qui lui a permis de révéler le plus clairement sa pensée. En 2021, elle publie My Body, un livre important qui se veut « une exploration personnelle et incarnée du féminisme, de la sexualité et du pouvoir ». Ce manifeste d’autonomisation féminine éclaire avec finesse les problématiques liées à la marchandisation du corps des femmes et de leur sexualité. L’écriture a été pour elle une catharsis. Elle raconte qu’elle a commencé sans volonté d’en faire un livre, simplement pour trier ses souvenirs et comprendre ce en quoi elle croit. Puis l’idée s’est imposée : cela pourrait devenir un livre.
MeToo et la lutte contre l’objectification
Dans My Body, Emily Ratajkowski revient sur les agressions sexuelles qu’elle a subies de la part d’hommes qu’elle a côtoyés. Elle parle aussi de sa grossesse et de son rapport au corps. Son témoignage l’a installée parmi les figures du mouvement MeToo et du féminisme contemporain. Elle cite une phrase qui résume son expérience : You thought you were a mind, but you’re a body, que l’on peut traduire par « Vous pensiez être un esprit, mais vous êtes un corps ». Elle explique que cette phrase vient de son vécu de femme et de personne d’apparence féminine. Quand on est dans son corps et que l’on se perçoit comme un être complexe, avec des souvenirs et des aspirations, l’objectification efface brutalement cette complexité. On est réduite à quelque chose de plus petit, limité à l’apparence. Et si le gagne-pain dépend de cette apparence et de la sexualité, le phénomène est encore plus prégnant.
En avril 2023, elle a dénoncé le sexisme à Hollywood et déclaré vouloir tourner le dos à ce milieu. Elle ne ferme pourtant pas totalement la porte au cinéma. Elle explique qu’elle pourrait revenir si les conditions étaient différentes : elle voudrait travailler avec des réalisatrices, participer à une véritable collaboration et sentir un respect mutuel. Elle n’a jamais travaillé sur le film d’une réalisatrice et aimerait que l’on s’intéresse à sa vision des choses, plutôt que d’arriver simplement pour servir le projet de quelqu’un d’autre.
Maternité, joie et priorités
Devenir mère a profondément changé sa vie. Elle raconte que son fils l’a conduite à donner la priorité à la joie et au bonheur. Parce qu’il grandit très vite, elle veut saisir chaque instant. Une forme d’urgence positive, qui s’applique à tout : trouver de la joie dans ce que l’on fait, car le temps ne se rattrape pas. Cette expérience personnelle nourrit aussi sa réflexion sur la beauté et le regard des autres.
Emily Ratajkowski définit la beauté comme quelque chose qui vient de l’intérieur. Pour elle, il n’existe pas une idée unique de la beauté. Les gens possèdent un éclat qui vient de la façon dont ils se voient et dont ils voient le monde. Il y a donc un milliard de manières différentes de voir les choses, et c’est précisément cela, la beauté.
Flowerbomb Tiger Lily, une féminité puissante
Elle est l’égérie du parfum Flowerbomb Tiger Lily de Viktor & Rolf, après avoir déjà prêté son visage à Flowerbomb. Elle aime l’alliance de la force et de la féminité incarnée par cette fragrance. Ce n’est pas un parfum timide. Il est floral et, en un sens, traditionnellement féminin, mais il renferme une vraie force. Elle apprécie que Viktor & Rolf souligne cette puissance. Flowerbomb Tiger Lily se compose d’un peu plus de notes tropicales que le parfum original. Quand on le porte, un sentiment d’été se dégage : on a l’impression d’être instantanément transportée vers une plage, d’être bronzée et en vacances. C’est une senteur très fraîche.
Conseils, intuition et confiance en soi
Parmi les meilleurs conseils qu’elle a reçus, elle retient l’idée de savoir apprendre des autres tout en filtrant les absurdités. Trouver cet équilibre est difficile, que ce soit dans la mode ou ailleurs. Beaucoup de gens donnent leur avis, mais leurs règles ne s’appliquent pas forcément à vous. Elle estime que les femmes doivent apprendre à faire davantage confiance à leur intuition, à ce qui vient de leurs tripes.
Le conseil qu’elle donnerait, elle, est simple : ne pas être si dur avec soi-même. Elle observe que les femmes et les jeunes femmes sont extrêmement dures avec elles-mêmes, physiquement, mentalement et émotionnellement. Elle l’a été aussi. Et elle trouve cela dommage, parce que le temps passe vite et qu’il faut savoir en profiter.
Projets futurs et création
Emily Ratajkowski souhaite continuer à créer. Elle aimerait écrire un autre livre. Elle dit aussi qu’elle ne pense pas que l’on puisse se qualifier d’écrivain tant qu’on n’a pas écrit son deuxième livre. Pour écrire, elle a besoin de rester assise 80 % de son temps, à attendre que quelque chose arrive. Elle est incapable de voler une heure ici et là. Elle avoue même être jalouse de celles et ceux qui y parviennent. Avec l’entrée à l’école de son fils, elle espère retrouver davantage de temps pour l’écriture, qui lui manque beaucoup.
Elle ne s’interdit pas non plus de réaliser un film. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas tellement le médium, mais le message. Elle aime écrire et l’a toujours fait, mais elle se dit ouverte à toutes sortes de projets créatifs. Elle résume son état d’esprit : c’est passionnant de penser à toutes les possibilités qui se dessinent quand on voit les choses de cette façon.
Too Much, une nouvelle étape à l’écran
On la retrouve dans la série Too Much, créée par Lena Dunham et disponible sur Netflix. Cette collaboration marque une nouvelle étape dans un parcours déjà riche. Entre mode, écriture, maternité et engagement, Emily Ratajkowski continue de construire une carrière qui refuse les cases.
Elle le dit elle-même : « Je veux juste continuer à créer des choses. Je suis vraiment intéressée par toutes sortes de projets créatifs, donc j’aimerais écrire un autre livre, mais peut-être que je réaliserai également un film. Et je pense qu’en ce qui me concerne, ce n’est pas tellement une question de médium. J’aime vraiment écrire, et je l’ai toujours fait, mais c’est davantage une question de message que de support. »
Source:Numéro News
