
L’influenceur américain Logan Paul, suivi par plus de 23,5 millions d’abonnés sur YouTube, est au cœur d’une nouvelle polémique judiciaire. Il est poursuivi en justice pour son projet de NFT baptisé CryptoZoo. Les plaignants l’accusent d’avoir organisé une arnaque de type « rug pull ». En clair, ils estiment que l’équipe du projet a encaissé des millions de dollars lors de la vente des jetons en 2021, sans jamais livrer les promesses faites aux investisseurs.
Logan Paul et CryptoZoo en justice
Cette affaire, évoquée depuis plusieurs semaines dans la communauté crypto, connaît un tournant judiciaire. Une action en justice a été intentée contre Logan Paul et plusieurs autres personnes associées au projet CryptoZoo. La requête a été déposée le 2 février devant le tribunal de district de l’Ouest du Texas. Les plaignants y allèguent que Logan Paul et les autres membres de CryptoZoo ont mis en place un « rug pull », c’est-à-dire un abandon du projet après avoir récolté les fonds des investisseurs.
Dans le document, les plaignants décrivent comment le projet a été commercialisé. Ils expliquent que l’achat des NFT devait donner droit à des avantages substantiels. Parmi ces avantages figuraient notamment du staking, un accès exclusif à des récompenses en cryptomonnaies, ainsi que le soutien d’un écosystème en ligne où le NFT aurait de l’intérêt. Ces promesses ont attiré de nombreux acheteurs, séduits par l’aura médiatique de Logan Paul et par l’engouement général autour des jetons non fongibles.
Or, selon la plainte, rien n’a été livré. La vente des NFT a eu lieu en 2021, mais l’équipe de CryptoZoo n’a jamais fourni les fonctionnalités promises. Pire, les fonds auraient été détournés. Le texte affirme que, peu après la vente complète des NFT, les membres de CryptoZoo ont transféré des millions de dollars de cryptomonnaies vers des portefeuilles contrôlés par les accusés. Cette description correspond à un scénario classique de rug pull, une pratique très décriée dans l’univers des cryptomonnaies.
Les personnes visées par la plainte
Outre Logan Paul, la plainte nomme plusieurs autres défendeurs. Il s’agit de Danielle Strobel, Jeff Levin, Eddie Ibanez, Jake Greenbaum – également connu sous le pseudonyme de Crypto King – et Ophir Bentov, parfois présenté sous le nom de Ben Roth. Tous sont présentés comme des acteurs clés du projet CryptoZoo. L’avocat ayant rédigé la plainte a par ailleurs diffusé une vidéo YouTube détaillant les coulisses de l’affaire, ce qui a contribué à populariser le dossier auprès du grand public.
Cette action en justice intervient après plusieurs mois de tensions. En décembre dernier, le YouTubeur Coffeezilla, suivi par environ 2,5 millions de personnes, a publié une série de trois vidéos consacrées à CryptoZoo. Ces vidéos, visionnées près de 20 millions de fois, ont mis en lumière les contradictions du projet et les soupçons de fraude. Grâce à de nombreux interviews, à des échanges avec la communauté et à des recherches approfondies sur l’équipe, Coffeezilla a conclu que les ambitions de Logan Paul n’ont peut-être jamais été de livrer un jeu blockchain fonctionnel. Selon son enquête, l’objectif aurait plutôt été de repartir avec les fonds collectés.
La réponse de Logan Paul
Face à ces accusations, Logan Paul a d’abord fermement réfuté les faits. Dans une vidéo de réponse, il a expliqué qu’un développeur avait volé le code du jeu, s’était enfui en Suisse et avait exigé un million de dollars pour le restituer. Il a également menacé Coffeezilla de poursuites judiciaires. Cette menace a provoqué une vive réaction dans la communauté, beaucoup y voyant une tentative d’intimidation. Quelques jours plus tard, l’influenceur est revenu sur sa décision et a retiré sa menace.
Logan Paul a ensuite adopté un ton plus conciliant. Il a reconnu des torts et a présenté un plan pour relancer CryptoZoo. Ce plan prévoit la mise à disposition de 1 000 Ether, soit environ plusieurs millions de dollars selon le cours de la monnaie numérique, afin de rembourser les détenteurs de NFT leur investissement initial de 0,1 ETH. Il a également affirmé vouloir reprendre le développement du jeu. Ces annonces ont toutefois été accueillies avec prudence par les investisseurs, qui doutent de la capacité du projet à tenir ses nouvelles promesses.
Le contexte plus large des arnaques NFT
L’affaire CryptoZoo s’inscrit dans un contexte plus vaste de recrudescence des arnaques liées aux NFT et aux cryptomonnaies. Le marché des jetons non fongibles a connu une croissance spectaculaire en 2021, accompagnée d’un afflux massif de nouveaux investisseurs. Cette frénésie a également attiré des personnalités influentes, capables de mobiliser des millions de followers en quelques heures. Mais elle a aussi créé un terrain fertile pour les projets douteux, lancés rapidement sans véritable infrastructure technique.
Le terme « rug pull » est devenu courant pour désigner ces opérations frauduleuses. Le principe est simple : les promoteurs d’un projet lèvent des fonds auprès du public, puis abandonnent soudainement le projet en emportant les liquidités. Les investisseurs se retrouvent avec des jetons sans valeur et sans recours. Dans le cas de CryptoZoo, les plaignants estiment que les modalités de vente et les promesses associées constituent une fraude caractérisée. Ils réclament réparation devant la justice américaine.
Les enjeux juridiques de l’affaire
Sur le plan juridique, cette plainte soulève plusieurs questions importantes. Elle porte notamment sur la qualification des NFT et des cryptomonnaies au regard du droit des valeurs mobilières. Si le tribunal considère que les NFT de CryptoZoo étaient des contrats d’investissement, les accusés pourraient être exposés à des sanctions sévères pour avoir vendu des titres non enregistrés. La plainte évoque également des faits de fraude et d’escroquerie, ce qui pourrait déboucher sur des dommages et intérêts substantiels.
L’issue de ce procès sera suivie de près par l’ensemble de l’écosystème crypto. Elle pourrait en effet établir un précédent en matière de responsabilité des influenceurs. De plus en plus de célébrités et de créateurs de contenu s’associent à des projets de blockchain, parfois sans pleinement mesurer les conséquences juridiques de leurs promotions. Une décision de justice défavorable à Logan Paul enverrait un signal fort : les influenceurs ne peuvent pas impunément promouvoir des projets frauduleux auprès de leurs abonnés.
Pour l’heure, aucune audience n’a encore fixé la suite du calendrier. Les avocats de Logan Paul n’ont pas publiquement commenté la plainte, et l’intéressé n’a pas fait de nouvelle déclaration depuis l’annonce de son plan de remboursement. Les investisseurs, eux, attendent de voir si les 1 000 ETH promis seront effectivement débloqués. En attendant, cette affaire rappelle les risques considérables associés aux investissements dans les NFT et les projets de cryptomonnaies, en particulier lorsqu’ils sont portés par des personnalités médiatiques.
Source:Cryptoast News
