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À la Maison-Blanche, Trump envisage de chasser les journalistes pour installer une piscine, selon le « New York Times »

Oct 24, 2026  Twila Rosenbaum 4 views
À la Maison-Blanche, Trump envisage de chasser les journalistes pour installer une piscine, selon le « New York Times »

Les faits clés

  • Donald Trump envisagerait de déplacer les journalistes installés dans la salle de briefing de la Maison-Blanche.
  • Il souhaiterait récupérer cet espace pour y installer une piscine.
  • Son ancienne porte-parole, Karoline Leavitt, aurait été sollicitée à plusieurs reprises.
  • L’idée avait déjà été étudiée en 2017, notamment par Steve Bannon, avant d’être abandonnée.
  • Une piscine avait été installée en 1933 pour Roosevelt, puis recouverte sous Nixon pour accueillir la presse.
  • Les médias pourraient être relocalisés dans un bâtiment de l’autre côté de la rue.
  • Aucun déménagement n’a été annoncé et l’administration affirme que toutes les options sont sur la table.

Donald Trump envisage de déplacer les journalistes qui travaillent au cœur de la Maison-Blanche. Selon des informations de presse publiées mardi 20 octobre, le président américain souhaite récupérer la salle de briefing pour y installer une piscine. Il aurait demandé à plusieurs reprises à son ancienne porte-parole, Karoline Leavitt, de trouver une solution pour faire déménager les reporters installés dans cette partie de l’aile Ouest.

L’information, révélée par une enquête de presse, ne signifie pas qu’un chantier est imminent. Aucun calendrier n’a été annoncé et aucune décision formelle n’a été rendue publique. Mais l’idée est suffisamment sérieuse pour avoir été évoquée à plusieurs reprises dans l’entourage présidentiel. Interrogée, l’administration affirme que toutes les options sont sur la table, ce qui entretient le flou sur la suite.

Le projet ne date pas d’hier. Dès l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en 2017, son ancien conseiller Steve Bannon avait proposé de déplacer les journalistes hors de l’aile Ouest. L’argument avancé était alors la sécurité nationale. L’initiative avait finalement été abandonnée, jugée trop complexe à mettre en œuvre. Aujourd’hui, l’idée revient avec une justification plus esthétique et symbolique : remplacer la salle de presse par un bassin luxueux.

Une piscine à la place des micros

Le 27 septembre, Donald Trump a partagé sur son réseau social un montage comparant l’actuelle salle de briefing, accompagnée de la mention « fake news », à une piscine très décorée, avec dorures et mobilier luxueux. Cette publication n’était pas une annonce officielle, mais elle a donné une visibilité nouvelle à une vieille lubie. Elle montre aussi que le sujet n’est pas seulement logistique : il touche à la relation entre le pouvoir et les médias.

La Maison-Blanche a déjà connu une piscine. Elle avait été installée en 1933 pour le président Franklin D. Roosevelt. Puis, sous Richard Nixon, elle a été recouverte afin d’aménager un espace destiné aux journalistes. La salle de briefing actuelle a donc été construite sur les anciens bassins. Donald Trump souhaiterait revenir à une configuration antérieure, en rendant au lieu sa fonction de piscine et en relocalisant les médias dans un bâtiment de l’autre côté de la rue.

Le symbole est fort. Depuis des décennies, la proximité physique entre les journalistes et le pouvoir permet un suivi quasi quotidien de l’administration. Les reporters peuvent assister aux briefings, croiser les conseillers dans les couloirs, poser des questions en marge des déplacements et documenter les décisions au plus près. Les déplacer de l’autre côté de la rue ne supprimerait pas toute couverture, mais introduirait une distance supplémentaire, des contraintes de sécurité et une logistique plus lourde.

Cette proximité joue aussi un rôle dans la couverture des événements imprévus. Un petit groupe de journalistes accompagne traditionnellement le président lors de ses déplacements et partage ensuite ses observations avec les autres médias. Ce système repose sur la confiance, la rapidité et l’accès direct aux informations. Si les reporters sont éloignés de l’aile Ouest, chaque déplacement, chaque briefing et chaque rencontre informelle pourrait devenir plus compliqué à organiser.

Un accès à géométrie variable

Cette réflexion intervient dans un contexte de restrictions accrues contre certains médias. En février 2025, une grande agence de presse américaine s’est vue couper l’accès à la Maison-Blanche après avoir refusé de nommer le golfe du Mexique « golfe d’Amérique ». En septembre, l’administration a retiré les accréditations de plus de 70 journalistes après avoir annoncé l’exclusion de plusieurs médias accusés de diffuser des « fake news ». Un juge fédéral a ensuite ordonné le rétablissement de ces accréditations.

En parallèle, la Maison-Blanche a accordé davantage de place à des podcasteurs et influenceurs favorables au président depuis le début du second mandat. Cette évolution dessine un accès à deux vitesses : d’un côté, des médias traditionnels soumis à des restrictions, de l’autre, des voix plus amicales qui bénéficient d’une proximité recherchée. Le projet de déménagement de la salle de presse s’inscrit dans cette tendance plus large, même s’il n’en est qu’un aspect.

Les partisans d’un tel déplacement pourraient arguer que la Maison-Blanche n’a pas l’obligation d’héberger les journalistes dans ses murs. Ils pourraient aussi invoquer des questions de sécurité, d’espace et de fonctionnement. Les critiques, eux, y verraient une tentative de réduire la visibilité des questions gênantes, de contrôler les conditions d’accès et d’affaiblir le rôle de contre-pouvoir de la presse. Le débat ne porte donc pas seulement sur une piscine : il concerne la place des médias dans l’espace présidentiel.

Des obstacles pratiques et politiques

Un déménagement des journalistes poserait de nombreux problèmes concrets. Il faudrait trouver un bâtiment adapté, garantir la sécurité des accès, organiser les rotations, maintenir les liaisons avec les services de communication et préserver la couverture des déplacements présidentiels. La salle de briefing sert aussi de décor quotidien aux prises de parole de l’administration. La déplacer changerait les habitudes, les images et le rythme de l’information.

La construction d’une piscine à cet emplacement soulèverait également des questions de coût, de patrimoine et de travaux. L’aile Ouest est un espace hautement sécurisé, chargé d’histoire et soumis à des contraintes architecturales. Transformer une salle de presse en bassin nécessiterait des études, des autorisations et un chantier probablement long. Rien n’indique, à ce stade, qu’une telle opération ait été lancée.

Les règles d’accès à la Maison-Blanche ne relèvent pas d’un droit absolu et inconditionnel, mais elles sont encadrées par des pratiques et des principes. Les autorités peuvent réguler les accréditations pour des raisons de sécurité ou d’organisation, mais elles s’exposent à des critiques si les décisions semblent arbitraires ou fondées sur le contenu des articles. Plusieurs recours ont déjà conduit des juges à annuler des retraits d’accès, ce qui montre que la question est juridiquement sensible.

L’histoire de la piscine rappelle que les lieux de pouvoir peuvent changer de fonction. Un bassin conçu pour un président devient une salle de presse, puis pourrait redevenir un bassin. Derrière cette apparente anecdote, se joue une question politique : qui doit pouvoir observer le pouvoir au plus près, et dans quelles conditions ? La proximité n’est jamais neutre. Elle façonne l’information, les relations de confiance et les rapports de force.

Pour l’heure, aucun déménagement n’a été annoncé. L’administration affirme que toutes les options sont sur la table. Les journalistes installés dans l’aile Ouest continuent donc de travailler dans un lieu dont l’avenir est ouvert, tandis que le président entretient le mystère sur une idée qui, il y a quelques années, avait déjà été jugée trop compliquée à mettre en œuvre.


Source:Yahoo! Actualités News


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