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Guerre Israël-Hamas : Benjamin Netanyahu et Israël rejettent le plan américain pour la paix à Gaza "tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé"

Aug 12, 2026  Twila Rosenbaum 11 views
Guerre Israël-Hamas : Benjamin Netanyahu et Israël rejettent le plan américain pour la paix à Gaza "tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé"

Le conflit entre Israël et le Hamas connaît un nouveau rebondissement majeur. Ce dimanche 9 août 2026, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a explicitement rejeté la dernière feuille de route américaine censée ouvrir la deuxième étape du plan de paix à Gaza. Ce plan, présenté fin juillet par le « Conseil de Paix » de Donald Trump, prévoyait un désarmement progressif du Hamas en échange d'un retrait progressif des forces israéliennes du territoire palestinien. Mais pour Israël, cette condition ne saurait être remplie sans une reddition complète et vérifiable de l'arsenal du mouvement islamiste.

Lors d'une réunion du cabinet tenue à Jérusalem, Benjamin Netanyahu a déclaré sans ambiguïté : « Israël rejette le document en 15 points ». Il a ajouté que l'armée israélienne « n'effectuera aucun retrait du territoire palestinien tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé ». Cette annonce survient après plusieurs jours de réticences exprimées discrètement par le chef du gouvernement israélien, confronté à la fois à une pression internationale intense et à une contestation croissante de ses alliés d'extrême droite, à quelques mois d'élections législatives qui s'annoncent difficiles pour son parti.

Un plan américain en 15 points accepté par le Hamas

Le « Conseil de Paix » mis en place par l'ancien président américain Donald Trump avait présenté fin juillet un document en 15 points visant à mettre fin à la guerre qui déchire la bande de Gaza depuis plusieurs années. Ce plan, élaboré avec des médiateurs internationaux, proposait notamment la création d'un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien chargé de gérer le territoire pendant une phase transitoire. Ce comité devait superviser le désarmement du Hamas et le stockage de son arsenal sous contrôle international. En contrepartie, l'armée israélienne devait se retirer progressivement de la bande de Gaza, permettant ainsi le retour des populations déplacées et le début de la reconstruction.

Le Hamas, mouvement islamiste palestinien qui contrôle toujours de facto une partie du territoire, avait officiellement accepté ce plan. Dans les jours qui ont suivi sa publication, des responsables du Hamas ont exprimé leur volonté de mettre en œuvre cet accord, tout en appelant déjà les États-Unis à faire pression sur Israël pour qu'il s'y conforme. Samedi encore, un haut responsable du mouvement islamiste avait redit sa disposition à appliquer la feuille de route, insistant sur le fait que le désarmement devait être progressif et négocié, plutôt que de se résumer à une reddition unilatérale.

Le refus israélien : un désarmement « complet » et « non fictif »

Le refus annoncé par Benjamin Netanyahu ce dimanche ne constitue pas une surprise totale. Le Premier ministre israélien avait déjà fait part de ses réserves sur le texte, notamment en ce qui concerne les conditions du retrait de Tsahal. Pour lui, le Hamas ne saurait être autorisé à conserver la moindre capacité militaire, même dans le cadre d'une transition négociée. Dans son discours, il a martelé que « nous parlons d'un véritable désarmement, pas d'un désarmement fictif ». Une formule qui semble viser les propositions de désarmement progressif défendues par le Hamas et certains médiateurs internationaux.

L'armée israélienne, a-t-il rappelé, continuera « à déjouer les menaces » contre ses forces et ses citoyens, même si un cessez-le-feu devait être conclu. Cette position ferme répond également aux inquiétudes sécuritaires de nombreux Israéliens, traumatisés par les attentats du 7 octobre 2023, qui ont fait plus de 1 200 morts en Israël et déclenché la guerre la plus dévastatrice de l'histoire moderne du pays. Pour une large partie de l'opinion publique israélienne, le Hamas ne doit plus jamais être en mesure de menacer l'État hébreu.

Le rôle de Nikolaï Mladenov et les assurances américaines

Le haut représentant du « Conseil de Paix » pour Gaza, le diplomate Nikolaï Mladenov, avait tenté de rassurer Israël lors d'une rencontre prévue lundi prochain avec Benjamin Netanyahu. Selon des informations rapportées par la presse israélienne, Mladenov aurait assuré au Premier ministre que les États-Unis ne soutiendraient aucun retrait israélien tant que le désarmement du Hamas ne serait pas « complet ». Ces assurances n'ont cependant pas suffi à rallier la partie israélienne. Le cabinet de sécurité israélien reste profondément divisé, certains ministres estimant que le plan américain revient à récompenser le Hamas après des années de guerre et d'attaques terroristes.

Les tensions politiques internes en Israël jouent également un rôle crucial dans cette décision. Benjamin Netanyahu est confronté à une forte contestation de ses partenaires de coalition d'extrême droite, qui menacent de faire tomber le gouvernement si un accord était signé avec le Hamas sans une victoire militaire décisive. À quelques mois d'élections législatives, le Premier ministre cherche à préserver son électorat en adoptant une ligne dure sur la sécurité et en refusant toute concession perçue comme une faiblesse. Sa déclaration de ce dimanche apparaît ainsi comme un arbitrage politique au moins autant que comme une position stratégique.

Le Hamas appelle Washington à faire pression sur Israël

Dans les heures qui ont suivi l'annonce de Benjamin Netanyahu, le Hamas a réagi par la voix d'un de ses responsables, cité par l'AFP. Le mouvement islamiste a appelé les Américains à « faire pression sur Benjamin Netanyahu et son gouvernement afin qu'ils respectent la feuille de route et n'entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale ». Cette déclaration reflète le sentiment de frustration du Hamas, qui se dit prêt à appliquer le plan et accuse Israël de multiplier les obstacles pour éviter de s'engager dans une paix négociée.

Pour le Hamas, le désarmement ne peut être qu'un processus progressif, accompagné de garanties internationales et de l'établissement d'un État palestinien viable. Le mouvement islamiste défend depuis longtemps l'idée d'une trêve de longue durée et d'une intégration politique, à condition que ses droits et ceux du peuple palestinien soient reconnus. Cependant, cette position se heurte à l'intransigeance israélienne, qui exige une capitulation sans conditions.

L'impasse politique et humanitaire à Gaza

Cette nouvelle crise diplomatique intervient alors que la situation humanitaire dans la bande de Gaza reste catastrophique. Les combats ont provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes, pour la plupart des civils, et réduit en ruines une grande partie des infrastructures du territoire, notamment les hôpitaux, les écoles et les réseaux d'eau et d'électricité. Les organismes internationaux dénoncent régulièrement les difficultés d'acheminement de l'aide humanitaire et la famine qui menace des centaines de milliers de familles.

La reprise des négociations de paix semblait pourtant avoir apporté une lueur d'espoir ces dernières semaines. Le plan américain avait été salué par de nombreux observateurs comme une tentative sérieuse de sortir du cycle infernal des violences en liant le désarmement du Hamas à un retrait israélien progressif, sous supervision internationale. Le fait que le Hamas l'ait accepté, contrairement à ses positions habituelles, avait été présenté par Donald Trump comme une « étape monumentale » et un « accord historique ». Mais la mise en œuvre butte désormais sur l'obstacle israélien, comme cela avait été le cas pour de précédentes initiatives de paix au Moyen-Orient.

Les précédents historiques et les défis à venir

Ce n'est pas la première fois qu'un plan de paix échoue en raison du refus israélien de désarmer les groupes armés palestiniens. Les accords d'Oslo des années 1990, la feuille de route du Quartet ou encore les différents plans de paix proposés par les administrations américaines successives ont tous achoppé sur la question du désarmement des factions palestiniennes. Israël a toujours exigé une démilitarisation totale des territoires sous contrôle palestinien, tandis que les mouvements armés ont toujours lié leur désarmement à la fin de l'occupation et à la création d'un État palestinien.

La situation actuelle est d'autant plus délicate que le Hamas reste militairement affaibli après des mois de guerre intense, mais conserve des capacités de guérilla et des roquettes artisanales lui permettant de continuer à frapper le territoire israélien. Les services de renseignement israéliens estiment que le mouvement dispose encore de plusieurs milliers de combattants et de quantités non négligeables de munitions, cachées dans des tunnels et des zones civiles. Un désarmement « véritable » nécessiterait donc un contrôle rigoureux et une coopération totale des autorités locales, ce qui paraît impensable dans le contexte actuel de défiance réciproque.

La position des alliés de Netanyahu et les élections à venir

La décision de Benjamin Netanyahu de rejeter le plan américain est également destinée à consolider sa base politique. Le Premier ministre israélien dirige un gouvernement de coalition qui inclut des partis d'extrême droite ultranationalistes, opposés à toute concession territoriale aux Palestiniens et favorables à l'annexion de larges pans de la Cisjordanie. Ces alliés ont menacé à plusieurs reprises de quitter le gouvernement si Netanyahu signait un accord avec le Hamas. En durcissant sa position, il tente de neutraliser ces critiques et de se présenter comme le seul garant de la sécurité d'Israël.

Les élections législatives, prévues dans quelques mois, s'annoncent en effet très disputées. Bien que Netanyahu ait survécu à plusieurs scandales politiques et judiciaires, sa popularité a été affectée par les échecs du 7 octobre et la gestion de la guerre. Un sondage récent indique que son parti, le Likoud, risque de perdre du terrain face à des formations centristes et de centre-droit. En adoptant une posture ferme face au plan américain, le chef du gouvernement espère reconquérir un électorat sensible aux arguments sécuritaires, mais il prend aussi le risque d'une confrontation diplomatique avec les États-Unis, son principal allié.

Que se passera-t-il ensuite ?

Le rejet israélien du plan en 15 points laisse le processus de paix dans une impasse que les observateurs jugent particulièrement dangereuse. Du côté palestinien, le Hamas et les autres factions pourraient être tentés de reprendre les hostilités face à une telle fin de non-recevoir, d'autant que la pression populaire s'accroît dans les territoires occupés. Des experts craignent également une escalade régionale, impliquant le Hezbollah libanais, l'Iran et d'autres acteurs, si la voie diplomatique était définitivement abandonnée.

Les États-Unis, de leur côté, semblent déterminés à poursuivre leurs efforts de médiation malgré le revers essuyé. Donald Trump, qui a fait du règlement du conflit israélo-palestinien une priorité de sa politique étrangère, pourrait tenter d'utiliser des leviers économiques ou diplomatiques pour amener Israël à la table des négociations. Mais Benjamin Netanyahu est un négociateur aguerri, rompu aux pressions extérieures. Sa déclaration de ce dimanche, accompagnée d'une référence à des discussions en cours avec les Américains, laisse la porte ouverte à d'ultimes ajustements : « Ils ont des idées ; certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions », a-t-il souligné.

En attendant, des millions de civils, tant israéliens que palestiniens, restent suspendus aux décisions de dirigeants qui semblent privilégier leurs intérêts politiques immédiats aux dépens de la paix. La communauté internationale observe avec inquiétude l'échec de ce qui était peut-être la meilleure chance de mettre fin à un conflit qui a déjà trop duré.


Source:ladepeche.fr News


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